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un livre / un film : Rambo (First Blood) de David Morrell

Chroniques littérature / Littérature / 15/01/2017

Parmi les fans de cinéma et de littérature, il existe deux clans irréconciliables. Ces deux clans se sont affrontés au cours des âges et leurs querelles ont engendré les débats les plus enflammés de l’histoire de l’humanité. Je parle bien sur de ceux qui préfèrent lire un livre avant de voir le film adapté et de ceux, dont l’auteur de ces lignes fait partie, qui préfèrent lire le livre après avoir vu le film.

Aujourd’hui des années après avoir vu Rambo (First Blood en anglais) pour la première fois, et l’avoir revu des dizaines de fois depuis, j’ai décidé de découvrir le livre à l’origine du mythe (dans la langue de l’auteur canadien David Morrell, en anglais). Attention je parle ici seulement du premier film et du livre qui a donné naissance au personnage. Beaucoup de gens confondent le personnage de Rambo avec la caricature qu’il est devenu ensuite dans le 2 et surtout dans le 3. En en discutant dans mon entourage, je suis d’ailleurs étonné de découvrir que si peu de gens ont vu le premier film et encore moins lu l’ouvrage qui l’a inspiré.

C’est peut-être parce que je suis fils de militaire et que j’ai trainé durant mon enfance sur les parcours du combattant et les terrains de manœuvre, que j’ai cette fascination pour ce personnage si particulier. Mais pas seulement, cette histoire de héros de guerre qui revient au pays qui l’a formé pour devenir une arme mortelle, puis qui se fait rejeter car personne n’en a plus l’utilité, soulève des problématiques structurelles fondamentales de nos sociétés occidentales modernes. Problématiques qui 50 ans plus tard n’ont toujours pas été résolues voire pas abordées du tout. C’est ce mélange de fond et de forme, d’action et de réflexion qui font que Rambo, n’est pas un film comme les autres.

David Morrell est arrivé du Canada en Ontario dans les années 60, il ne connaissait rien de la guerre au Vietnam et a été frappé de découvrir le ce que lui confiaient d’autres étudiants qui revenaient du front, insomnies, cauchemarde, difficulté à sociabiliser, ce que l’on appelle aujourd’hui syndrôme post-traumatique. Il raconte qu’en 1968, il ne voyait à la télévision que la guerre au Vietnam et les émeutes qui ont explosées dans toutes les villes des états-unis. C’est en voyant ces images se superposer qu’il eu l’idée d’écrire sur un vétéran du Vietnam qui apporte la guerre avec lui. Ce premier livre fut publié en 1972 et connut un succès immédiat et David Morrell fut très rapidement approché pour vendre les droits d’adaptation au cinéma.

Le livre et le film sont assez proche, ils commencent de la même façon, John Rambo ancien héros de la guerre du Vietnam arpente sans but les routes des états-unis et passe par le patite ville de Madison dans le Kentucky. Il va tomber sur shériff mal luné qui ne veut pas de lui dans sa ville et chacun va petit à petit pousser l’autre dans ses retranchements.

Le découpage du livre est intéressant chaque chapitre suit le point de Teasle ou de Rambo, ce qui rend le rythme intense et ce qui permet de constamment connaitre les motivations de chacun. De plus le livre ne fait qu’un peu plus de 200 pages, il se lit très rapidement.

La différence principale entre le livre et le film est que dans le livre les personnages de John Rambo et de Will Teasle sont tous les deux des anti-héros, voire pas du tout des héros, alors que dans le film le personnage de Teasle est clairement écrit comme une caricature de méchant. Dans le livre, Teasle est un ancien militaire décoré de la guerre de Corée, sa femme vient de le quitter, et il voit d’un mauvais oeil, ce type qu’il prend pour un hippie lui résister. Il besoin d’ordre dans sa vie et dans sa ville. Rambo quand à lui en a assez de se faire embêter par toutes les forces de l’ordre de toutes les villes qu’il traverse et quand Teasle va un peu trop le titiller, de mauvais souvenirs d’incarcération et de torture vont refaire surface.

La seconde différence de taille est que le livre est beaucoup, mais alors vraiment beaucoup plus violent que le film. Dans le film, Rambo doit tuer deux personnes alors que dans le film, il en tue par dizaines. Mais là où le livre est intéressant c’est que cette violence n’est jamais gratuite, Teasle qui surnomme Rambo « The kid » le sous-estime pendant une bonne partie de l’histoire, il ne se rend pas compte que Rambo est un héros de guerre et c’est ce qui va le pousser à commettre beaucoup d’erreurs et à mettre en jeu la vie de ses proches et des habitants de sa ville. Rambo quand à lui retrouve ses réflexes de membre des bérets verts, et agit pour ce qu’il pense être sa survie, puis rapidement pour montrer à ce pays qui le renie à quoi ressemble la guerre.

Les deux vont constamment partager torts et erreurs et vont petit à petit faire empirer la situation, jusqu’à une fin en appothéose. Il n’y a pas de héros dans ce livre, que deux individus qui se croient plus forts et intelligents qu’ils ne sont et qui veulent le prouver à la terre entière.

Autre point intéressant, on retrouve le colonel Trautman, qui est dans le livre encore plus fier de son soldat, et ce au détriment de la vie de simple civils innocents.

Enfin la fin est différente dans le livre, mais je n’en dirais pas plus.

Le film plaira beaucoup aux fans du film et permet de développer des thèmes à peine abordés dans le film. Le livre est une excellente réflexion sur les méfaits de la guerre une fois les conflits terminés. Mais grâce à son duel inédit entre deux non-héros, son absence de manichéisme et son rythme effréné, le livre plaira également à ceux qui n’aiment pas ou n’ont jamais vu le film.

 

 


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bOne

Fondateur de Fiction Pulp, graphiste, illustrateur et écrivain amateur visite les mondes imaginaires depuis 1977 et rêve depuis de moutons électriques, de planètes désertiques et d'elfes sylvains.




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